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Se réveillant trop tard

Solange se réveille trop tard

Palézieux ● La Châteloise Solange Bocquet, «bloquée» dans les deux premiers rounds, a subi une défaite qui l'a beaucoup déçue. Trois victoires fribourgeoises.

«Ce soir, j'ai manqué de tout.» Solange Bocquet n'est pas tendre avec elle-même après sa défaite face à la vice-championne de France, Julie Burton. Agréablement disponible, malgré une grosse déception que sa pudeur l'empêche de montrer, elle fait face.

14.04.2009 - Plus critique que ne le serait le journaliste, Solange Bocquet analyse: «Je n'ai pas réussi à sortir ma boxe. J'aurais dû me montrer plus géné- reuse, plus attaquer. Je me sentais bloquée et Julie Burton avait une bonne boxe mais pas mal en arrière. J'ai été trop sur la défensive. Je n'ai pas trouvé la faille et comme je l'avais dit par ailleurs, je ne suis pas toujours assez lucide dans un combat.»

Comme une pro...

Devant ses nombreux suppor- ters, dans une halle pleine, Solange aurait bien aimé gagner: «Je suis vraiment déçue. J'aurais bien voulu m'imposer ici à Palézieux et offrir aussi une victoire à mon père qui était venu me voir pour la première fois. J'ai boxé à la façon des professionnels, en me chauffant dans les premiers rounds mais pour moi, il n'y avait que quatre rounds. Je me suis réveillée trop tard.»

Cette défaite face une boxeuse d'expérience ne fait pas trop tache dans le palmarès de Solange Bocquet qui compte désormais 15 victoires et quatre défaites. C'était la première fois qu'on la voyait sur un ring. Et elle nous aura montré que lorsqu'elle se réveille, comme au 4e round, ses ambitions sont justifiées. Elle aura l'occasion de se racheter dans 15 jours dans un tournoi en Allemagne.

Oberson: bon début

Les deux autres boxeurs de Châtel-Saint-Denis ont été à la hauteur de l'événement. Le poids lourd Stéphane Oberson a appliqué à la lettre les consignes: «On m'a dit que c'est moi qui devait donner le premier coup qui fait mal. C'est un bon début et ce n'était pas facile face à un gaucher.» Policier à Lausanne et âgé de 25 ans, Oberson, dont la famille vient de Mézières, près Romont, habite à Bulle. Il a en tout cas montré qu'il n'était pas intimidé pour un premier combat, toujours stressant.

Michaël Celeschi a donné satisfaction à son entraîneur François Gilliand qui nous disait: «Michaël a fait preuve d'intelligence et de connaissances en écoutant ce qu'on lui disait. Il a su changer sa tactique.» Menuisier, Celeschi va au-devant d'une coupure dans son sport puisqu'il va partir à l'école de recrues à Isone.

Une troisième victoire fribourgeoise a été enregistrée avec l'écolier de Villars-sur-Glâne, Shcjpjon Hoti. Le petit a du tempérament mais il doit veiller à avoir les gestes justes, ce que ne manquera pas de lui enseigner son entraîneur Giovanni Quaranta.

Savoye, le technicien

Dans les autres combats de la soirée, on a apprécié la belle démonstration technique de Dominique Savoye de Martigny et un peu moins l'atti- tude de l'espoir Stéphane Röthlisberger. Au mépris du règlement, il a regagné son coin pour enlever un gant et voir ce qu'il avait à une main qui lui faisait mal. Et quand il a voulu reprendre le combat, l'arbitre lui a justement indiqué que son attitude était un abandon. Encaissant mal «le coup», Röthlisberger envoyait son gant contre l'officiel de la Fédéra- tion suisse. Cela signifiait une défaite par disqualification et une probable suspension.

Le combat professionnel, intense, a été un échange de coups sans merci. Finalement, l'Albanais de Martigny Sedjiu Bujar a été donné vainqueur par les trois juges, ce qui visiblement contrariait le clan de l'Espagnol Oscar del Olmo. Georges Blanc, Palézieux


«Je fais mal quand je frappe»

meeting de Palézieux ● Solange Bocquet, qui boxe sous les couleurs châteloises, a du punch. Mais elle peut aussi être charmante et jouer du piano. Interview.

Lundi soir, dans la salle de boxe du club de Châtel-Saint-Denis, l'activité est dense. L'entraîneur président François Gilliand a un œil sur tout. Pour l'heure, il donne des conseils à Michaël Celeschi et Stéphane Oberson qui font du sparring. Tous deux monteront sur le ring samedi à l'occasion du traditionnel meeting du club, à Palézieux. A côté d'eux, Solange Bocquet fait de la patte d'ours avec son entraîneur d'un soir, Christian. C'est pour elle qu'on est venu. La championne suisse de 23 ans brûle les étapes pour afficher désormais 18 combats dont 15 victoires et trois défaites. Sa popularité va croissante. Brillante sur le ring, elle le reste aussi quand elle a quitté sa tenue de boxeuse.

Solange Bocquet, vous avez choisi la boxe parce que vous étiez une bagarreuse?

Oh non! A part sur le ring, je ne suis pas du tout bagarreuse. Depuis l'âge de 12-13 ans, je voulais suivre l'exemple de mon grand frère Julien qui a trois ans de plus que moi. J'ai fait du karaté, du judo. J'ai toujours voulu faire en compétition des sports de combat mais on me répétait que ce n'était pas pour les filles.

Et la boxe, elle est arrivée comment?

C'est à l'école de police à Lausanne en 2005 que j'ai rencontré Bertrand Fellay qui était instructeur. C'était la bonne personne au bon moment. Je lui ai demandé s'il voulait m'entraîner. Il m'a dit: on commence gentiment et on verra. Il m'a transmis sa passion de la boxe et j'ai aimé ça.

Vous vous êtes fait rapidement une jolie réputation?

Mon entraîneur a tout de suite cru en moi. ça s'est bien passé même si ce n'est pas facile du tout. Il y a beaucoup de sacrifices à faire pour rester constamment à un bon niveau. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, puisque j'ai beaucoup d'activités, je serais assez volontiers flemmarde.

Vous parlez de nombreuses activités. En fait, quelle est votre profession?

J'ai toujours été dans la sécurité depuis l'âge de 18 ans. Après l'école de police, j'ai exercé à Lausanne et maintenant depuis juillet de l'an dernier, je suis instructrice pour les aspirants policiers vaudois et valaisans à Savatan. Je leur enseigne notamment la self-défense ou les techniques et tactiques d'intervention.

Et au niveau sportif, avez-vous pratiqué d'autres sports que les arts martiaux ou de combats?

Oui, j'ai fait de la danse, de la gym, de l'équitation, du tennis, du fitness mais aussi du piano et du théâtre. Là, je me suis remise au piano. C'est une autre forme de concentration.

Quels sont vos qualités et défauts de boxeuse?

J'ai du punch. Je fais mal quand je frappe. Question défauts, je ne suis pas assez rapide, pas assez mobile dans mon jeu de jambes. Je n'aime pas me voir boxer. Je trouve que je suis un peu patapouf. Physiquement, en général, je peux m'améliorer. Je manque aussi de lucidité pendant un combat. Je suis dans mon tunnel et je n'arrive pas à avoir une vision globale pour trouver les failles chez mon adversaire.

On ose la même question mais comme personne, quels sont vos qualités et défauts? Vous n'êtes pas obligée de tout dire...

Je pense être quelqu'un de très ouvert, chaleureuse, j'aime bien les gens. J'ai été animatrice en Italie. Le premier de mes défauts, c'est peut-être la susceptibilité même si je crois que je fais des progrès. Je suis taigneuse, hargneuse. J'ai aussi un manque de confiance en moi. Tout le temps, je me remets en question, je doute.

Quelles sont les réactions de vos proches face à votre carrière de boxeuse?

Ma famille me soutient beaucoup. Maintenant ma mère qui est Italienne est en Sicile alors que mon père qui est d'origine française va venir me voir boxer pour la première fois samedi à Palézieux. Je touche du bois pour que ça se passe bien. Mes amis sont curieux face à ma persévérance et ils se demandent jusqu'où je vais aller.

Précisément, quels sont vos objectifs?

Mon premier grand but, ce sont les championnats d'Europe, en septembre, en Ukraine. C'est génial d'y participer avec l'équipe suisse et ce serait encore mieux de faire un podium. Ensuite, l'année prochaine, il y aura les championnats du monde. Et en 2012, la boxe féminine devrait faire partie du programme des Jeux olympiques.

Espérer une médaille à des championnats d'Europe, c'est un objectif plutôt élevé, non?

Bien sûr, mais j'ai gagné en Allemagne contre une fille qui avait été médaillée de bronze aux championnats d'Europe. J'ai aussi battu dernièrement une fille qui avait 25 combats et seulement trois défaites. Bon, mon entraîneur ne me l'a dit qu'après le combat...

Samedi, à Palézieux, vous serez à nouveau face à un gros défi, avec la Française Julie Burton?

Elle est championne de France 2008 et vice-championne 2009. Elle est aussi championne du monde de boxe française. Mon entraîneur aime me mettre des défis. Ces combats, je les prends comme prépaparation pour les championnats d'Europe. Je monte sur le ring toujours avec le même état d'esprit, essayant de me mettre dans le combat dès le premier round. Je ne sous-estime personne car je sais qu'en boxe, un seul coup peut tout changer. georges blanc


© La Liberté

 

 


 

 

 




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