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...comme un gant

Ça lui va comme un gant

Solange Bocquet, championne de Suisse amateurs des moins de 69 kg, vise un podium la semaine prochaine en Ukraine.

11.09.2009 - Elle a quitté police secours, Lausanne, en juillet 2008. Depuis, elle est mentor (instructrice) à l’Académie de police, à Savatan. «Je donne des cours pratiques aux aspirants. J’ai une classe», dit Solange Bocquet, yeux verts, qui a encore 23 ans. Elle a remplacé Bertrand Fellay, son compagnon, parti à la gendarmerie. «Ça reste en famille», souligne-t-elle, rieuse. Qui est aussi son entraîneur après avoir été son instructeur dans le métier qu’elle a choisi. «A la maison? ça se passe bien. On se défoule assez aux entraînements, ajoute Solange Bocquet. Grâce à la boxe, j’ai acquis une confiance en moi. Je me suis calmée. Je suis moins stressée. »

Vous pratiquez aussi bien un sport qu’un métier d’homme. Est-ce une volonté ou un hasard?

Un hasard. Ce sont des choses qui me plaisent. Pourquoi m’en priver? Parce que je suis une femme? J’ai essayé d’autres sports, l’équitation, le tennis, l’escrime, la gymnastique, la danse mais, à chaque fois, je suis revenue vers un sport de combat.

Avez-vous été influencée par quelqu’un?

Par mon frère, qui a pratiqué en compétition le karaté et le judo. J’ai toujours été attirée par le combat. Enfant, je n’ai jamais joué avec les poupées Barbie. Moi, je préférais les dinosaures.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu’une femme, ce n’est pas fait pour prendre ni donner des coups?

C’est leur opinion et ils ont le droit d’en avoir une. Qu’ils viennent à l’entraînement. Les hommes et les femmes sont sur le même pied d’égalité. Je m’entraîne la plupart du temps avec les hommes. Ne serait-ce que pour améliorer la condition physique, la boxe est un des sports les plus complets. On se muscle naturellement, ensuite il existe des exercices pour développer sa puissance.

Après, il faut monter sur un ring…

… Il faut vouloir ça, oser y aller. C’est un choix. Tout le monde n’y va pas.

En vous regardant, on se dit que vous auriez pu être mannequin, non?

Vous êtes gentil, mais je n’ai pas le physique, ni la taille. Je suis disproportionnée. Les épaules, les hanches, j’ai tout qui part en large… (Elle sourit. )

Les gens s’intéressent de plus en plus à vous parce que vous êtes policière et boxeuse ou parce que vous êtes jolie et boxeuse?

Parce que je suis policière et boxeuse, ça intrigue, comme d’être une femme dans le milieu policier, qui pratique en plus un sport de combat. C’est plaisant d’intéresser. Mes deux passions sont mises en avant. Le métier de policier est connu mais pas forcément bien vu. La boxe féminine, on en parle mais elle reste encore méconnue.

Vous entraînez-vous quotidiennement?

Oui, tous les soirs, à Châtel-Saint-Denis – Solange Bocquet est membre du Boxing-Club – ou dans un fitness à Bottens (le Phili’forme). Là, je bénéficie aussi d’un suivi nutritionnel. La course à pied est également à mon menu. J’ai congé le dimanche.

Un «Temps présent» vous a été consacré. Avez-vous reçu beaucoup de mails, de messages?

Oui, beaucoup. Par exemple, un technicien dentiste s’est inquiété de ma denture. En boxe, on prend des coups. Alors, il m’a offert un protège-dents magnifique, transparent, qui colle vraiment aux dents. De loin, on ne le voit pas. Il est si parfait que je suis comme dans des pantoufles avec mes dents.

Pourriez-vous être boxeuse et maman?

Oui et ça m’a déjà traversé l’esprit. La boxe, c’est génial pour se remettre après un accouchement. Dans le milieu, je connais des mamans qui boxent toujours.

Vous êtes-vous fixé un objectif en Ukraine?

Il y aura 10 boxeuses par catégories. Une quarantaine de pays seront représentés. On aura un combat de 4 x 2’ par jour. La perdante est éliminée. J’aimerais ramener une médaille. Oui, je rêve d’un podium. © Le Matin

 

 


 

 

 




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